Mot de la présidente de l’Image de l’automne 2010

Extrait de « L’Image » de l’automne 2010

Malheureusement, par manque de temps, je n’ai pu compléter mon mot de la présidente pour ce numéro de l’Image. Les réflexions que je voulais partager avec vous portaient sur le rôle important que nous avons, nous parents, sur l’évolution de l’autisme et des TED et ce, même en 2010. Nous nous retrouvons avec un «dossier classé» au gouvernement et ce, sans ouverture, ni même possibilité de discussion. Les budgets sont nettement insuffisants et l’augmentation constante et importante des TED complique le développement de l’expertise et l’organisation de services appropriés. Les réformes répétitives du MSSS déstabilisent tout le système de santé dont nous sommes les grands oubliés, etc., etc. Bref, pour quelqu’un qui, comme moi, est là depuis longtemps, nous sommes encore en situation critique et les services offerts sont en régression qualitative et quantitative. Nous allons devoir nous «fâcher». Ce sont nos actions et notre volonté qui nous permettront de changer les choses. ATEDM réfléchit à diverses actions à entreprendre afin de nous rendre plus visibles. Nous travaillerons ensemble, avec vous. Je vous laisse avec un article concernant tout l’aspect médical de l’autisme pour lequel nous devrions aussi militer, parce qu’au Québec, le volet qui touche la santé des nôtres et les recherches médicales des causes de l’autisme est complètement dénigré. La première action pour nous, parents, est de bien comprendre l’importance de ce dossier et les liens directs entre la santé de nos enfants et les comportements qu’ils manifestent. L’adage «un esprit sain dans un corps sain» n’a jamais été aussi vrai. À bientôt!

Extrait de la conférence du DAN! qui s’est tenue en octobre 2010 à Long Beach, aux États-Unis :

«Même s’il nous reste encore beaucoup à apprendre sur l’étiologie de l’autisme, nous savons que son origine est multifactorielle chez la plupart des personnes qui en souffrent (il n’y a donc pas de «vérité absolue»). L’autisme étant une maladie de la modernité, son origine peut être liée à une agression du système nerveux pendant des périodes cruciales du développement. En fait, l’autisme pourrait être attribuable tant au mercure provenant des amalgames dentaires de la mère, au thimérosal utilisé dans les vaccins, aux pesticides dans les aliments non biologiques et aux vapeurs chimiques qui causent «l’odeur de la voiture neuve» qu’à l’un des milliers de polluants industriels qui proviennent tout aussi bien des cheminées d’usine que des recouvrements de vinyle sur le matelas des lits d’enfants. Les produits chimiques sont partout. De plus, ces formes d’agression peuvent être amplifiées par les facteurs suivants : effet du calendrier de vaccination actuel sur l’immunologie (dont l’importance s’est considérablement accrue au cours du dernier quart de siècle, tout comme l’épidémie), altération de la flore attribuable à la prise excessive d’antibiotiques et/ou chez des personnes présentant certaines prédispositions génétiques, présence de virus indécelables pouvant donner lieu à la «masse critique», qui est à la source de la régression neurologique que constitue l’autisme.

Parmi les nombreuses similarités sur le plan biochimique que l’on retrouve chez les enfants qui ont un trouble envahissant du développement, l’une des plus importantes et caractéristiques est certes le problème qu’ils éprouvent en ce qui a trait à la détoxication. Ce phénomène est mis en évidence par la faible excrétion de métaux toxiques dans les cheveux des nourrissons (Holmes et coll.), une élimination plus importante de mercure lorsque des agents de chélation sont administrés (Bradstreet et coll.), des taux aberrants de porphyrine et surtout une amélioration clinique liée à la détoxication. Il est important de se rappeler que même si l’on croit que le mercure est lié à l’autisme de manière exclusive, il y a en fait des milliers de composés toxiques auxquels les enfants sont exposés tant avant la naissance que pendant les périodes importantes du développement. Si les voies de détoxication ne fonctionnent pas adéquatement, une exposition à de faibles quantités d’éléments toxiques (par exemple : le plomb, le mercure, l’arsenic, etc.) peut jouer un rôle significatif, et il faut ajouter que ces mêmes voies nous protègent des composés organiques volatiles (COV), des pesticides et des autres matières synthétiques (le plastique, par exemple). Lorsqu’il y a altération des voies de détoxication, l’organisme accumule les substances toxiques, ce qui donne lieu à une dégradation encore plus marquée des voies biochimiques essentielles et le cercle vicieux qui en résulte perpétue la présence et l’effet toxiques. De plus, ces éléments toxiques agissent de façon synergétique et l’on sait très bien que lorsque plusieurs toxines sont présentes, la quantité pour obtenir une dose létale diminue. Par conséquent, même un faible taux peut provoquer un effet toxique.

La sensibilité que l’on peut observer chez les enfants qui présentent ces caractéristiques constitue l’un des effets de cette altération. Les voies ainsi entravées en viennent à produire une interférence au plan de notre fragile équilibre biochimique. De l’extérieur, nous observons simplement les symptômes neurologiques liés à l’autisme. Cela est logique, car la sensibilité représente la moitié du travail effectué par le système nerveux et celui-ci réagira (souvent de façon négative) aux changements biochimiques. La médecine a bien décrit ce phénomène. En endocrinologie, la dépression constitue souvent le premier symptôme d’une diminution de l’activité thyroïdienne. Cet effet est présent avant que les nombreux symptômes «physiologiques» ne commencent à se manifester. Par conséquent, on traite ces symptômes que l’on croit souvent liés à une dépression endogène à l’aide d’antidépresseurs, mais la cause réelle n’est pas traitée. Ce phénomène peut se révéler particulièrement dangereux en autisme, car de nombreux médecins négligent encore cette importante pathophysiologie (les anomalies immunologiques et gastroentérologiques, par exemple) et l’attribuent au fait que  «l’enfant est autiste». La douleur que les enfants manifestent est par conséquent qualifiée de «problème de comportement» et la possibilité qu’ils présentent une anomalie du système immunitaire ou d’autres maladies est contextualisée ou souvent même écartée. Les enfants qui ont un trouble envahissant du développement peuvent également être plus sensibles aux effets secondaires et abréactions attribuables à certains traitements qui peuvent pourtant se révéler essentiels pour eux. Voilà pourquoi les décisions relatives aux traitements doivent être prises en se fondant sur les causes des symptômes et non seulement afin de traiter le symptôme et les doses doivent être établies de manière graduelle.

Pour dénouer l’impasse, il faut résoudre le problème de la toxicité de manière efficace. Lorsque l’organisme est dans un état «toxique», les troubles métaboliques et les dérèglements physiologiques vont continuer à être présents (par exemple : digestion, sensorium fonctionnel, inflammation, troubles immunitaires). Voilà pourquoi, notamment, il faut trouver la source de la toxicité afin d’améliorer les effets qui en découlent. Cela étant dit, il faut effectuer les bons choix en ce qui a trait à la détoxication, soit le type de médicament à utiliser, la puissance, la fréquence et le mode d’administration (par voie orale, rectale, intraveineuse ou transdermique). Lorsqu’il s’agit de prendre la bonne décision concernant la détoxication, il faut penser aux autres composés (non métalliques) qui sont à éliminer et lorsqu’on étudie les résultats des tests de provocation, il faut évaluer la quantité des autres éléments toxiques excrétés dans l’urine ou à tout le moins en tenir compte (par exemple, s’il n’y a pas de trace de mercure ou de plomb dans l’urine, cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’autres métaux présents dans l’organisme et si l’agent de détoxication se lie à une toxine ne faisant pas l’objet de l’analyse et que l’on ne tient pas compte de ce fait, les résultats pourraient être mal interprétés). Dans un document publié récemment en Chine, on mentionne que le DMPS, médicament utilisé pour traiter les cas d’empoisonnement au mercure, se lie très efficacement à certains pesticides non métalliques (organophosphates) et qu’il en provoque l’élimination. Si l’on n’effectue pas les tests de provocation de manière appropriée, il devient alors raisonnable de penser que l’agent n’est pas simplement présent dans l’échantillon d’urine, mais bien plutôt lié à des matières toxiques non analysées. À l’heure actuelle, plusieurs croient que pour résoudre cette problématique, il faut procéder à une analyse des taux de porphyrine (métabolites liés à la production de l’hème qui pourraient permettre de déterminer la présence d’effets toxiques). Cela peut être utile chez certains patients, mais comme c’est le cas avec de nombreuses découvertes prometteuses, lorsqu’on les examine de plus près, leur valeur diminue. En fait, il n’existe pas de moyens d’évaluation parfaits, ce qui signifie «concrètement» que de nombreux enfants ne seront pas traités ou le seront de manière inadéquate. Puisque chez de nombreux enfants,  les voies de détoxication sont altérées ou inefficaces, il faut parvenir à trouver les toxines non identifiées qui sont en cause.

Une partie du «traitement» réside dans le fait que l’exposition toxique doit cesser. Les toxines sont omniprésentes dans notre environnement et elles peuvent pénétrer notre système de défense à tout moment. On n’a qu’à penser à l’air que nous respirons, qui est probablement contaminé par les polluants industriels, aux vapeurs nocives émises par le vinyle dans nos maisons ou voitures, et aux aliments contaminés par les pesticides, les hormones et le revêtement antiadhésif utilisé pour les batteries de cuisine. L’eau peut en outre être contaminée par divers polluants. Cependant, même les désinfectants utilisés par la plupart des municipalités produisent des sous-produits qui, selon plusieurs, ne devraient ni être bus ni se trouver dans l’eau de la baignoire. Notre système digestif, nos poumons ou notre peau n’ont pas évolué de façon à pouvoir nous protéger de la multitude de toxines produites par les humains dans notre environnement actuel. De l’eau et de l’air purs, une alimentation et des vêtements biologiques, l’élimination des amalgames dentaires (de façon sûre) et la suppression de nombreuses matières chimiques synthétiques de notre environnement peuvent nous «conduire» à la guérison.

Chez les enfants qui présentent un trouble envahissant du développement, on sait que le régime alimentaire joue un rôle sur la symptomatologie. Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles un aliment peut avoir un effet sur le symptôme nerveux et la cause peut être primaire ou secondaire (soit un effet direct sur le récepteur des neurones ou inversement en provoquant une dysbiose, des troubles immunitaires ou d’autres processus qui sont par la suite cause de changements). Il faut nous rappeler que «nous sommes ce que nous mangeons» et si nous tentons de remplacer un aliment nocif par un aliment différent qui est permis, d’autres problèmes pourraient survenir, ce qui n’est pas nécessairement souhaitable. De nombreux parents, qui ont les meilleures intentions du monde, vont par exemple éliminer la caséine et le gluten de l’alimentation chez leur enfant, mais en les remplaçant par des «glucides» vides, des aliments frits et des bonbons, ce qui ne fera que créer d’autres problèmes et ils ne parviendront donc pas à obtenir les résultats escomptés. Ce n’est vraiment pas facile de modifier les choix alimentaires d’une personne qui ne tolère pas très bien les changements. C’est cependant ce qu’il faut faire, mais de manière adéquate et en étant bien préparé sur le plan émotionnel et technique.

Il faut aussi ajouter qu’il y a d’autres voies métaboliques qui sont problématiques chez les enfants présentant des troubles envahissants du développement. En portant notre attention ailleurs, nous pouvons noter une anomalie de la méthylation, de la transsulfuration ainsi que divers troubles digestifs liés à une inflammation chronique et aiguë, à une immunopathologie et à un dérèglement endocrinien. En fait, en se concentrant trop précisément sur une cause ou réaction biochimique précises, on peut ne pas avoir une «vue d’ensemble» du problème. On peut certes penser que «c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase», mais il ne faut pas oublier les autres gouttes d’eau qui l’ont précédée. Il ne faut pas croire que la cause réside uniquement dans un vaccin, le mercure qu’il contient, un seul peptide dans le fromage ou le blé ou différents groupes d’aliments à éviter. Cela étant dit, certains enfants retrouveront leur chemin par l’entremise de l’une ou l’autre des approches permettant de lutter contre l’agent en cause ou de l’anéantir, mais celles-ci pourront se révéler inefficaces chez un autre enfant. C’est la diversité de la maladie qui rend le traitement difficile. Chaque enfant est différent. Il n’existe malheureusement pas de traitement miracle, mais de nombreux traitements qui permettent d’ouvrir la porte à la capacité innée qu’a chaque enfant de guérir. Il faut privilégier les approches biomédicales et la médecine fonctionnelle qui agissent en synergie afin de rétablir, de reconstruire et d’améliorer les altérations et faiblesses qui sont présentes, de façon à régulariser les fonctions de l’organisme et à lui permettre de guérir par lui-même : le traitement approprié doit être utilisé au moment approprié, afin d’éliminer le fardeau imposé à la fragile biochimie de l’enfant.»

Carmen Lahaie

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