Adieu caséine, gluten et compagnie!

Adieu caséine, gluten et compagnie!

C’est dans un état catastrophique que je me suis rendue pour la première fois à ATEDM, désemparée d’être encore une fois victime d’une de mes crises mémorables. Je ne sais par quelle illumination intérieure, après vingt-quatre heures sans sommeil, je m’étais aperçue que ces crises qui m’étaient familières depuis trop d’années (terreur, panique, épuisement émotionnel…) étaient des crises d’autisme. J’ai appris
plus tard par Electra Dalamagas que ce sont des attaques de surcharge sensorielle et je comprends maintenant qu’à cause de mon immense crédulité et de ma bonasserie incurable, je me trouvais dans une situation où j’ai failli y laisser ma peau, une fois de plus…

Depuis mon jeune âge, je distribuais à vau-l’eau mon argent, mes biens, mon temps, mon énergie. Croyez-moi, j’étais toujours bien entourée! Je savais depuis longtemps que je manquais de jugement social et que je me faisais toujours avoir. J’essayais pourtant d’être vigilante, mais avec les années, je ne m’améliorais pas, au contraire. J’ignorais par contre que même si je ne prends aucune drogue (ni cigarettes), j’étais complètement droguée aux opioïdes.

Ainsi, il m’arrivait de tituber sur la rue comme si j’étais saoule. J’ai marché aussi sur la pointe des pieds en pleine rue à quelques reprises, à ma grande honte. On avait réussi (je ne nommerai personne…) à me convaincre qu’il s’agissait des symptômes de la schizophrénie. Je prenais des anxiolytiques, des antidépresseurs et épisodiquement, des neuroleptiques. «On» m’avait persuadée que tout était dans ma tête, mais c’est une autre histoire qui serait très longue à raconter…

Je ne prenais plus de médicaments et ne voyais plus ce «on» depuis plus d’un an, quand j’ai commencé la diète sans caséine, ni gluten, confiante qu’il y avait là assurément quelque chose d’important. En effet, ma surprise a été très grande les trois premières semaines… et maintenant encore, dix mois plus tard, parce que de nouveaux résultats se font sentir. Après une semaine sans produit laitier, j’ai senti une bulle embrumée se dissiper autour de moi. J’ai vécu une véritable cure de désintoxication avec tous ces cortèges de malaises, de crises de fous rires et de tremblements. J’avais des grincements dans la tête au niveau frontal, des chatouillements au niveau des globes oculaires, la sensation de flotter dans un liquide et l’impression bizarre d’être devenue un pot de colle qui se vide. À l’occasion, je voyais des flashes lumineux pendant une fraction de seconde. J’avais de la difficulté à tenir mon stylo pour écrire parce que mes doigts se tordaient. Tous ces effets ne m’étaient pas inconnus, mais désormais j’en connaissais la cause.

Un après midi, après avoir mangé des sandwichs aux oeufs avec du pain de blé, j’ai vécu une sensation d’euphorie pendant laquelle je me suis mise à rire et à dire toutes sortes de blagues, envahie par des impressions d’irréalité comme si j’étais droguée au LSD. J’ai alors eu une crise de «parlotte» d’une durée de huit heures, durant laquelle je parlais d’une de mes obsessions : les parfums. Mon ami, loin de s’intéresser au monde de la parfumerie, a eu la patience de m’écouter pendant un certain temps, mais il a fini par s’endormir sur le fauteuil, et moi je continuais de lui raconter les détails de mes relations avec les parfums! J’ai commencé à comprendre pourquoi, quand j’étais enfant, ma mère en me taquinant me surnommais «la radio»! Une autre fois, après avoir mangé du chocolat au lait, j’ai été complètement assommée et j’ai dû me coucher pendant quatre heures. Je crois que la caséine du lait produit un effet similaire à la morphine, tandis que le gluten crée un effet semblable au LSD, mais ce sont des impressions personnelles qui n’ont rien de scientifique et qui seraient à vérifier.

Cela fait dix mois que je m’alimente sans produit laitier et sans gluten et pour rien au monde, je ne renouerais avec ces substances qui sont de véritables poisons pour mon organisme. Je prends deux mille milligrammes de vitamines C par jour pour empêcher la formation d’ecchymoses, de l’huile de foie de flétan pour la vitamine A et D et du chardon-Marie pour décrasser mon foie. Comme me l’a aussi recommandé Madame Carmen Lahaie, je ne bois plus de jus de pomme, d’orange ou de raisin et depuis ce temps, je n’ai plus de brûlements d’estomac. Mon humeur est plus stable; j’ai de moins en moins de crises de fous rires et de pleurs. Je n’ai plus d’obsessions concernant la «misère noire» et la saleté. Je n’ai plus peur de mourir de faim. Je souffre moins d’insécurité. J’éprouve moins le besoin de me réfugier auprès des animaux et des sensations olfactives.

J’ai fait une découverte importante pendant ma «cure de désintoxication» : mon allergie au colorant au caramel. J’avais souvent l’impression que ma tête et mon coeur allaient exploser avec d’énormes difficultés respiratoires, une détresse intérieure immense, accompagnée d’idées suicidaires. Cet état durait cinq longues
heures. En faisant de la recherche sur Internet, j’ai su qu’il s’agissait de crises anaphylactiques. Dire que je suis allée en psychothérapie analytique pendant quinze ans, principalement à cause de ces crises… Je n’en reviens pas comment il est facile pour certains incompétents (que je ne nommerai pas…) d’affirmer sans vergogne que «tout est psychosomatique».

Les séances de grattage, la toux creuse et les maux de jambes sont finis pour moi! J’ai plus d’énergie et je retrouve une lucidité que j’avais perdue depuis longtemps (si je l’ai déjà eue…). Cependant, l’événement qui m’étonne le plus est un phénomène que je n’aurais jamais pu soupçonner : j’arrive à «décoder» les visages. Ainsi, quand j’étais droguée au gluten, je n’étais entourée que d’anges descendus tout droit du ciel. Tout le monde était beau et gentil! Aujourd’hui, je regarde des photographies de mes anciens «amis» et je suis étonnée de la laideur de certains et de la perfidie inscrite sur leurs traits. Je ne sais par quels mécanismes les opioïdes peuvent brouiller à ce point le jugement au niveau des perceptions visuelles, mais il semblerait bien qu’ils désorganisent des facultés importantes de décodage de l’environnement. Maintenant, je ne peux m’empêcher d’en vouloir à certains «soignants» qui m’ont fait perdre la moitié de ma vie et je sais que je ne suis pas la seule à être dans cette situation. J’ai été flouée, mais grâce à ATEDM, je ne suis plus seule.

Témoignage de Jocelyne Fournier

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