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Les méthodes d’intervention

Les méthodes d’intervention

Voici une liste des programmes d’intervention éducatifs et de communication que l’on utilise pour aider les personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Vous y trouverez les caractéristiques de chaque programme, ainsi que leurs forces et faiblesses. Certains programmes répondent mieux aux besoins des enfants présentant un TSA. Les objectifs et l’utilité de chaque programme varient. Si vous désirez plus d’informations sur un programme, vous pouvez nous contacter.

Texte original de Polly Yarnall, pour le site de l’Autism Society of America, traduit par la Société québécoise de l’autisme

 

ABA

TEACCH

PECS

GREENSPAN

INTÉGRATION

SCÉNARIOS SOCIAUX

 

 

ABA

Bases de l’approche : Aussi connue sous les noms d’Apprentissage par essais distincts, Intensive Behavior Intervention (IBI) ou Applied Behavior Analysis (ABA) ou méthode Lovaas. L’apprentissage par essais distincts fut une des premières formes de modification du comportement. Le programme actuel a été validé en 1987, avec l’intention initiale d’intégrer l’enfant à la garderie. L’approche Lovaas a évolué en s’intégrant sous les nomenclatures d’IBI et d’ABA.

Objectifs : Enseigner à l’enfant comment apprendre en portant attention aux habiletés suivantes : être attentif, imiter, développer le langage réceptif et expressif, les habiletés pré-académiques et d’autonomie personnelle.

Implantation et application : Utilise le modèle ABC. Chaque essai ou tâche demandée à l’enfant consiste en : Une demande (A = antécédent) – une directive donnée à l’enfant pour qu’il effectue une action. Un comportement (B = behavior) – une réponse de l’enfant, c’est-à-dire, tout ce qui peut être interprété comme une bonne réponse, une mauvaise réponse ou une absence de réponse. Une conséquence (C) – une réaction de l’intervenant, c’est-à-dire une gamme de réponses pouvant consister en un fort renforcement positif, à de faibles félicitations, pas de réponse ou à une réaction légèrement négative (ex. un Non). Une pause pour séparer les essais les uns des autres (intervalle inter-essais).

Résultats rapportés : Les recherches initiales indiquent des améliorations du QI, de la compréhension et de l’expression du langage ainsi que des habiletés sociales et adaptatives. L’étude originale de LOVAAS présentait des résultats spectaculaires avec 45 % des enfants que l’on n’arrivait pas à différencier des normaux. Des études tentant de répliquer ces résultats sont actuellement en cours. Bien qu’aucune étude ayant reproduit les résultats originaux obtenus par Lovaas ne soit connue à ce jour, les résultats préliminaires des réplications sont encourageants.

Avantages de l’approche : Reconnaît le besoin d’enseignement 1:1. Utilise la répétition des réponses comprises jusqu’à l’assimilation complète. Maintient l’enfant à l’écoute pour de plus grandes périodes de temps. Obtient une allocution verbale chez certains. Elle permet un départ accéléré chez d’autres. Plus efficace pour les enfants autistes de léger à modéré et dans l’échelle supérieure de QI.

Questionnements face à l’approche : En raison de l’absence d’étude comparative sur l’efficacité des différentes méthodes, Lovaas est souvent présentée comme l »approche à utiliser. Pas de différenciation entre les types d’autisme lors de la création des programmes. Insiste sur l’obéissance et la dépendance aux incitations et aux renforçateurs. Approche comportementale pure qui peut ignorer les composantes neurologiques de l’autisme comme les problèmes dans les fonctions d’exécution et d’attention. Peut stresser davantage l’enfant et la famille. Coût élevé, 50 000 dollars par enfant par année. Empêche un accès égal pour tous.

Erreurs à éviter : Créer une dépendance à l’enseignement 1:1. Stresser davantage la famille et l’enfant. Interpréter tous les comportements comme en étant davantage des comportements volontaires et entêtés plutôt que des manifestations neurologiques du trouble. Ignorer les problèmes sensoriels ou les difficultés de fonctionnement. Ne pas reconnaître le moment où il faut passer à une autre approche.


TEACCH

Bases de l’approche : Signifie : Treatment and Education of Autistic and related Communication handicapped CHildren. Plus de 32 ans de données empiriques sur l’efficacité de l’approche TEACCH. Inclut les parents comme thérapeutes. Reconnaît le besoin d’un soutien de l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Porte autant l’attention sur la façon dont l’autisme affecte la personne que sur les comportements.

Objectifs : Fournir des stratégies pour soutenir la personne durant toute sa vie. Favoriser l’autonomie à tous les niveaux de fonctionnement. S’adapte aux besoins individuels des personnes autistes.

Implantation et application : Bien organiser, structurer et modifier l’environnement et les activités. Mettre l’accent sur les modalités visuelles d’apprentissage. Utiliser des contextes fonctionnels pour enseigner les concepts. Le programme est basé sur une évaluation individuelle. Utiliser des structures prévisibles pour favoriser une communication spontanée.

Résultats rapportés : Gains dans le fonctionnement et le développement. Augmentation des habiletés fonctionnelles et de l’adaptation. Les habiletés acquises sont généralisées à d’autres environnements. Un rapport de la Caroline du Nord indique une diminution du taux de stress des parents et des demandes pour des placements en dehors du foyer familial. Plus haut niveau de réussites d’emplois intégrés.

Avantages de l’approche :  Modèle dynamique qui profite et qui se sert de plusieurs champs de recherche. Modèle non statique. Anticipe et soutient les stratégies d’intégration. Compatible avec PECS, Floor-Time, ergothérapie, et autres stratégies choisies. S’adresse aux sous-groupes de l’autisme, utilise des évaluations et des approches individualisées. Identifie les habiletés émergentes qui ont la plus forte probabilité de succès. Flexible pour réduire le stress de l’enfant ou de la famille.

Questionnements face à l’approche : Perceptions selon lesquelles TEACCH abandonne face à l’autisme plutôt que de le combattre. Paraît être une méthode d’exclusion qui sépare les enfants autistes des autres enfants. Il peut sembler que TEACCH isole les enfants dans des milieux de travail indépendants alors que ceux-ci ont besoin de développer leurs habiletés sociales avec d’autres enfants. Croyances basées sur la méconnaissance ou une connaissance superficielle de l’approche.

Erreurs à éviter : Ne pas donner une formation, des consultations et un suivi continus suffisants aux intervenants pour que le programme soit implanté correctement. Percevoir TEACCH comme un simple programme scolaire plutôt que comme un continuum de supports généraux et stratégiques. Ne donner qu’une formation minimale aux intervenants pour qu’ils forment et/ou informent le reste du personnel. Ne pas établir une réelle collaboration avec les parents.


PECS

Bases de l’approche : Signifie : Picture Exchange Communication System. Dérive du besoin de bien différencier parler et communiquer. Combine les connaissances approfondies des thérapies du langage et de l’orthophonie adaptées à la compréhension de la communication lorsque l’étudiant n’attache pas d’importance à la signification des mots. Très compatible avec TEACCH.

Objectifs : Aide l’enfant à initier une interaction communicative de manière spontanée. Aider l’enfant à comprendre les fonctions de la communication. Développer des compétences pour la communication.

Implantation et application : Reconnaît que les jeunes enfants autistes ne sont pas vraiment influencés par les récompenses sociales. Débuter l’apprentissage par des actions fonctionnelles qui mettent l’enfant en contact avec des récompenses significatives. Commencer avec des échanges assistés et procéder selon une hiérarchie en huit phases. Nécessite un ratio initial de deux intervenants pour une personne autiste (2:1).

Résultats rapportés : Pyramid Educational Consultants rapportent des données empiriques qui soutiennent l’approche : Augmentation de la capacité à communiquer chez la plupart des utilisateurs de la méthode (les enfants comprennent la fonction de la communication) et émergence de l’usage spontané de la parole.

Avantages de l’approche : La méthode PECS aide à initier le langage. Elle vise les déficits sociaux et de communication de l’autisme. Est appropriée pour les enfants non-verbaux ou pré-verbaux et pour les enfants avec un QI non-verbal plus élevé que le QI verbal. La sémantique de la méthode PECS ressemble davantage à un langage parlé au langage par signes.

Questionnements face à l’approche : Peut supprimer le langage parlé. (L’expérience actuelle démontre cependant le contraire).

Erreurs à éviter : Ne pas adhérer rigoureusement aux principes d’enseignement de la phase I. Avoir tendance à ne travailler que l’étape I ou à n’utiliser qu’un seul intervenant. Fournir un soutien et un suivi inadéquats à des intervenants n’ayant suivi qu’une formation de deux jours. Entraîner seulement une personne à la méthode plutôt que tout le personnel impliqué. Une mise en place inconsistante dans le milieu.


GREENSPAN

Bases de l’approche : Également connue sous le nom de Floor-Time, ou le modèle DIR (Developmental Individual-Difference, Relationship-Based). A pour objectif le développement émotionnel, en suivant un modèle développemental. Se base sur des observations perspicaces et précises de l’enfant afin de déterminer son niveau actuel de fonctionnement. Est centrée sur l’enfant et se bâtit à partir de celui-ci. Le Floor-Time n’est qu’une partie d’un ensemble de 3 qui comprend également la spontanéité en jeu semi-structuré ainsi que les jeux moteurs et sensoriels.

Objectifs : Viser les interactions personnelles pour faciliter la maîtrise des habiletés développe mentales. Aider les professionnels à percevoir l’enfant comme fonctionnellement intégré et « connecté ». Ne traite pas en blocs séparés le développement de la parole, le développement moteur, etc.

Implantation et application : Enseignement dans des contextes interactifs. Vise les retards de développement dans la modulation sensorielle, la planification, l’organisation, l’enchaînement moteur et le processus de perception. S’applique habituellement sous forme de segments de 20 minutes suivis de 20 minutes de pause. Chaque segment visant l’un des retards du développement mental mentionnés ci-dessus.

Résultats rapportés : Enseigne aux parents comment engager leur enfant dans une voie plus joyeuse, plus détendue. Mettrait (hypothétiquement) en place une structure solide pour le développement neurologique/cognitif futur.

Avantages de l’approche : Vise le développement émotionnel, contrairement aux autres méthodes qui se concentrent sur le développement cognitif ou sur le comportement. Évite de concentrer les exercices dans les domaines où l’enfant présente des déficits (ce qui pourrait augmenter ses frustrations et souligner ce pourquoi il n’est pas à la hauteur). Ce n’est pas une approche intimidante. Aide à convertir les actions de l’enfant en interactions.

Questionnements face à l’approche : Ne vise pas de domaines spécifiques de compétences. Il n’y a pas de recherche qui démontre son efficacité chez les enfants autistes. Est basée davantage sur des hypothèses que sur la recherche. Est davantage une méthode passive.

 Erreurs à éviter : Tenter de mettre en place l’approche sans formation ou supervision professionnelle. Prendre le contrôle. Essayer de faire faire à l’enfant ce que VOUS croyez qu’il devrait faire. Lui allouer une période de temps inadéquate. Tenter d’appliquer la méthode au cours d’activités déjà entamées par les autres enfants.

 


INTÉGRATION

Bases de l’approche : Orientation mise sur pied initialement pour les enfants avec des retards mentaux et des troubles autres que l’autisme. Est soutenue par les domaines de la sociologie, de la politique et de l’éducation, contrairement aux autres approches qui se basent sur les fondements de la psychologie. L’intégration est définie par trois lois fédérales : PL 94-142, REI et IDEA. (U.S.A).

Objectifs : Éduquer autant que possible les individus avec des incapacités dans des classes et des milieux d’enfants, de gens normaux. Éduquer les enfants souffrant d’incapacités dans les cadres chronologiques qu’ils auraient suivis s’ils n’avaient pas eu de déficiences. Ne pas appliquer de méthodes d’enseignement séparées sauf pour des circonstances particulières.

Implantation et application : Les enfants autistes sont habituellement placés dans des cadres comprenant une aide individuelle 1:1. Le curriculum est modifié pour favoriser un apprentissage basé sur les forces et les faiblesses de l’enfant autiste. Nécessite une approche d’équipe pour la planification. L’approche peut être une intégration sélective (par sujet ou classe), une intégration partielle (½ journée d’intégration, ½ journée d’enseignement séparée) ou une intégration radicale et complète sans aucune exception.

Résultats rapportés : Les enfants autistes sont habituellement placés dans des cadres comprenant une aide individuelle 1:1. Le curriculum est modifié pour favoriser un apprentissage basé sur les forces et les faiblesses de l’enfant autiste. Nécessite une approche d’équipe pour la planification. L’approche peut être une intégration sélective (par sujet ou classe), une intégration partielle (½ journée d’intégration, ½ journée d’enseignement séparée) ou une intégration radicale et complète sans aucune exception.

Avantages de l’approche : Davantage de possibilités d’interaction sociale et de pouvoir suivre des modèles. Une plus grande exposition à la communication verbale. Occasions pour les autres d’avoir une meilleure compréhension et une meilleure tolérance pour les différences. Plus grandes possibilités de développer une amitié avec des enfants normalement développés.

Questionnements face à l’approche : L’intégration automatique viole l’esprit des orientations et des lois qui l’encadre. Les chances d’une intégration réussie commencent à plafonner à la fin de la troisième année scolaire alors que les travaux deviennent plus abstraits et le rythme plus rapide. L’augmentation de l’utilisation d’un enseignement basé sur le langage désavantage grandement les étudiants autistes. Les difficultés sensorielles et de traitement de l’information tendent à ne pas être corrigées ou à être corrigées de manière insuffisante. Le système scolaire régulier ne constitue pas nécessairement le meilleur environnement d’apprentissage pour les enfants autistes. Les enseignants et les étudiants dans les classes d’intégration sont généralement mal préparés pour recevoir un étudiant autiste.

Erreurs à éviter : Donner une formation, une préparation, des informations et un appui insuffisants au personnel. Placer les étudiants dans des cadres où les niveaux de stimulations auditives et visuelles sont trop intenses. Assigner à l’étudiant du travail avec des demandes cognitives qui dépassent ses capacités de compréhension. Dépendre d’un soutien individuel 1:1. Poursuivre l’intégration lorsque l’élève présente des comportements perturbateurs fréquents et sévères. Mettre l’accent sur les compétences académiques au détriment des compétences fonctionnelles. Ne pas offrir de possibilités multiples pour appliquer les habiletés fonctionnelles.


SCÉNARIOS SOCIAUX

Bases de l’approche : Méthode appelée également histoires sociales. Développée initialement par Carol Gray en 1991 pour aider les autistes à comprendre les règles d’un jeu. Développée par la suite pour la compréhension de règles sociales plus subtiles de notre culture neurotypique. Elle aborde les déficits de la Théorie de l’Esprit (l’habileté à comprendre les perceptions de quelqu’un d’autre).

Objectifs : Clarifier les attentes sociales chez les personnes autistes. Cerner les problèmes selon la perspective de la personne autiste. Redéfinir les mauvaises interprétations sociales. Fournir un guide de conduite et des outils de gestion personnelle pour les situations sociales auxquelles les personnes autistes auront éventuellement à faire face.

Implantation et application : Les scénarios sont spécifiques à chaque personne et s’appliquent aux situations problématiques de chacun. Ils comprennent généralement trois types de phrases: phrases de perspective, descriptives et directives. Les différents types de phrases apparaissent dans les scénarios sociaux suivant une certaine fréquence respective. Les scénarios sociaux peuvent être lus PAR ou À la personne autiste. Les scénarios sont présentés longtemps d’avance afin de permettre plusieurs lectures, mais surtout juste avant que la situation se présente.

Résultats rapportés : Stabilisation du comportement spécifique à une situation donnée. Réduction de la frustration et de l’anxiété chez les personnes autistes qui ont à gérer une situation déterminée. Le comportement s’améliore au cours d’une situation déterminée lorsque le scénario social est appliqué de manière cohérente.

Avantages de l’approche : Développée spécifiquement pour les déficits sociaux des personnes autistes. Adaptée aux besoins spécifiques et individuels. Le temps et le coût sont flexibles.

Questionnements face à l’approche : Les données qui soutiennent l’approche sont davantage anecdotiques qu’empiriques. Les bénéfices dépendent des compétences de l’auteur des scénarios, de sa compréhension de l’autisme et de son habileté à se placer dans la perspective d’un autiste.

Erreurs à éviter : Employer trop de phrases reliées aux buts à atteindre proportionnellement au nombre de phrases ayant trait à la perception et à la description. Débuter les phrases reliées aux buts à atteindre avec des termes trop rigides (ex. je ferai, plutôt que, j’essaierai de faire, etc.). Écrire un scénario trop élaboré pour l’âge et/ou le développement cognitif de la personne. Utiliser un langage trop complexe. Ne pas être assez spécifique dans la description de la situation et dans la réponse comportementale désirée.

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